« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Tellement répugnant. Tellement ignoble, tellement immonde, à vomir. Je régurgite toutes ces vérités sur le monde, je vomis cette sensation d’impuissance, de dégoût profond en pensant à cette espèce animal tellement abjecte. Vils humains, je vous hais, vous et votre envie de dominer, jusque vos propres amis, jusque votre propre famille. Où est l’humanité ? Où est cette moralité dont vous êtes si fière ? Quelle est cette condescendance infecte qui vous caractérise depuis des siècles ? Pourquoi tant de haine et de mépris ? Pourquoi tant de projets mis à bas pour toujours plus écraser l’autre, par pur plaisir ? Je vous déteste. Je ne veux absolument pas me faire bouffer par le système. Je veux m’émanciper, toujours plus recouvrer ma liberté, mon indépendance qui me revient de droit. Un dilemme me prend à la gorge, entre profiter de ma vie comme je le souhaite, ou essayer de changer, de modifier, d’améliorer la situation, en ajoutant ma touche personnelle. Je ne veux pas d’une petite action, je vois plus grand, plus haut, plus fort, pour enfin plus d’égalité, de bonheur pour tous. Pour enlever cette raclure étouffante qui nous manipule tous, qui se joue de nous à chaque seconde qui passe. Un sentiment de dégoût, un sentiment de vouloir repousser au plus loin cette société de pantins qui se complait dans la médiocrité. Société de consommation, société de bêtes enivrées par de fausses saveurs indigestes. La vie est trop courte pour se poser toutes ces questions, et pourtant je suis tiraillée entre l’envie d’améliorer la vie des tous, et l’envie de vivre ma vie pleinement. A quoi bon se battre pour des gens qui n’en valent pas la peine ? Alors que d’autres le feront pour moi, en vain ? Je ne veux plus de mon optimisme aveuglant, laissez-moi profiter, grandir dans l’ignorance d’un monde d’immondices, sourire en pensant aux oiseaux et aux arcs-en-ciel. Mais surtout, abandonnez-moi à ma liberté, pour ne pas me laisser enfermer par le système. Je ne le supporterai pas. Pantins de bois, adieu, je ne serais pas une marionnette. Mon choix est fait, je ne serais pas un mouton boiteux et haletant. Je laisse ça aux autres, pour les corrompus et les idiots. Je ne serais pas des leurs. « J’veux m’en aller, j’veux pas crever dans cette déshumanité. » Comptez sur moi, je partirai, dans un voyage des plus long, intérieur et enrichissant, à travers ce monde d’immondices.