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« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »

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Comment tu peux accepter, te plier, et subir ?

Quand toute action de ta vie perd son sens et que tout se ternit de noir. Quand aucun espoir de trouver un quelconque sens se révèle à toi subitement. Quand le plus important devient le fait d'être heureux, de faire ce qu'il te plait sans suivre aucune obligation si ce n'est le respect qui vient de l'amour. Quand ton monde s'écroule avec les espoirs de trouver enfin un point d'ancrage. Quand la seule chose dont tu as réellement envie c'est dormir pour l'éternité. Quand ton ami n'est plus là à cause de toi, et quand ce choix a été fait pour lui. Quand tous les remords pèsent sur tes épaules et qu'il n'y a aucune échappatoire, si ce n'est la fuite. Quand plus rien ne peut te consoler, ni même les perspectives de voyage. Quand tu te rends réellement compte que la vie ne tient qu'à un fil comme tout le reste, les relations, la célébrité, le bonheur. Quand ton corps crie ce désespoir par des signaux distinctifs que tu refoules encore et encore. Quand les cycles de trois ans se répètent, culminant toujours par une année de béatitude extrême. Quand tu te rends compte que tes choix comptent autant que la réflexion préalable pour les mener. Tu comprends réellement ce que c'est que vivre, être en vie pour rien et respirer l'air polluée. Tu comprends que les choses n'ont de sens que faisant partie d'un tout équilibré, et le perd quand le château de cartes s'effondre. Tu comprends que rien n'a d'importance, que tout a un sens malgré le non-sens, que la souffrance est créée par des situations que l'on s'impose. Que tout reprendrait des couleurs loin de cette ville, vie, souffle. Que j'associe ta mort à son amour, et que je culpabilise encore de t'avoir perdu en le choisissant lui. Perte pour toujours, seulement ce n'est plus un jeu dans de telles conditions. Et c'est sans doute pour ces mêmes raisons que tu t'accroches autant, pour ne pas avoir à avoir la culpabilité, pour continuer de croire que ton choix était le meilleur possible, que tout collait, que c'était écrit, que c'est pour la vie. Mais non. C'est plus dur que tout, de l'avoir abandonné pour quelque chose qui n'en valait pas la peine, d'avoir transféré son deuil dans une personne, de l'avoir tellement accroché qu'il s'est étouffé de tant de pression.C'est un monde cruel que celui des émotions, d'autant plus que les pensées entrent dans le processus et accélèrent la mécanique infernale. Je dois partir, en pèlerinage sur la terre, pour retrouver mon moi intérieur. ça n'a juste aucun sens de faire tant d'efforts pour tout perdre après, ça n'a aucun sens de vouloir travailler dans un tel monde, aucun sens de se faire chier pour toute cette merde, pour avoir un boulot de merde. Putain de routine inutile, aussi inutile que cette vie de pression, de stress, de quête, de recherche, d'efforts, d'argent, de pierre, de peur, de souffrance, de pleurs, de rage. J'vais tout laisser tomber, tout ça j'veux plus le vivre, et je sais que c'est possible. Quitter la France, fuir loin de tout, fuir au soleil, à ne rien faire. Y'a aucun autre but que celui d'être heureux dans cette putain de vie occidentale. Je peux pas accepter les chaines. C'est fini. Bientôt.

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