« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Ou alors seulement à base de larmes en boite et de mal-être concentré. C'est pas si simple d'accepter, de ressentir sa vie, en ne rêvant pas suffisamment pour se faire happer par des images rafistolées, confondues des séries télés. Une douce mélancolie me berce d'un sentiment d'impuissance accepté, d'un non-sens miroitant au fond de la grotte noir des envies aventuristes. Les dents du chat ne m'ont qu'impressionner de par l'imagination des histoires à raconter. La nature se blesse dans un ultime émerveillement d'un froissement que le vent, fébrile, tente d'anéantir toujours à jamais. La petitesse à portée de main, en une heure de marche, et se rendre compte à chaque pas qu'une renaissance est aussi possible que cette falaise construite sur pilotis. Comptant sur la chance, vivant pour elle et par elle, défiant les lois d'attraction, défiant les éléments et la roche, l'homme du sud ne se laisse pas si facilement impressionnable. Et l'impétuosité de l'imposante présence ne peut me rendre qu'artistiquement bouche-bée. A la manière des grandes découvertes antiques, la magie d'une montagne me touche autant qu'une douche froide. L'imagination trouvant le chemin de l'enthousiasme : au dessus du ciel, là où l'arbre s'entrevoie par son ombre, dans l'ombre de cette gigantesque, je m'assois en mémoire, en image, en sensation. Un double voile pose la réalité de pouvoir surhumain, me poussant à la volonté de gravir un pic, une cime et une canopée. Les trajets, si lents et similaires soient-ils, me rendent rêveuses, partant dans un monde où un être élastique côtoie une grenouille et la vitesse de la lumière, un métamorphe souriant. Et tout cela, sans drogue, sans seringue, sans bouteille : le pouvoir de l'imagination touche mes yeux s'embuant pour quelques secondes de distraction qui n'appartiennent à personne, ni même à mon cœur. Les rêveries éveillées restent les meilleurs créateurs de réalité.