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« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »

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La réalité sur notre génération.

Génération d'insatisfaits, du toujours plus, du toujours mieux, du parfait. Malgré nous-mêmes, on se pose des limites, ou des attentes extrêmement énormes, lointaines, intouchables. Malgré notre besoin d'émancipation, on continue à croire en la flamme parfaite, la fleur d'une vie, le bonheur d'enfants. De manière folle, voilée, irréelle, on s'accroche aux rêves de nos parents, à nos rêves de goss, de voir une famille réunie, insurpassable, sans incohérence. Par la même occasion, dans la même foulée, dans le même temps, moment, croissant, on recherche la liberté, les sensations fortes, le mouvement. Une raison de vivre hante à jamais nos pensées ensanglantées de temps de bonheur en boite diffusé partout autour de nous. Et l'on cumule les paradoxes, les imperfections de vie, afin de se rassurer sur une quelconque possibilité falsifiée de pouvoir enfin rencontrée LA personne d'une vie. On se torture tellement qu'on en vient à ne plus rien choisir. Les choix de vie nous paraissent tellement important par tant de différences proposés, qu'on se met à devenir fou de vouloir toucher un bonheur illusoire. Tu incarnes tellement bien ce paradoxe. Je l'incarne d'autant mieux que le monde s'ouvre à moi et qu'il est grand temps que je le comprenne enfin. Que je comprenne enfin qu'on est tous des enfants du monde, à qui on a offert l'enfer en prônant le paradis. L'enfer du toujours plus, toujours mieux, toujours perfectible. L'enfer du choix, comme besoin, attente, envie débordante. On en vient à un moment de notre vie où devant l'évidence-même se pose un voile impure de doutes. L'insécurité d'une vie insatisfaite apparaît, trouvant sa place dans une tête déjà bien embuée de désirs vains. On se met à penser famille, à passer outre les séparations, à ravaler son égo et surtout celui des autres. Rien ne peut fonctionner mieux que la peur de se retrouver sans rien, couplé à la peur de ne pouvoir tout découvrir. En cela, nous sommes perdus d'avance, dans un gouffre sans fin de passions éphémères, téméraires, illusoires - dont le rêve fait partie intégrante. A croire que l'autre suivra le même chemin, se pliant au désir propre de l'être pensant. A croire que deux êtres peuvent parfaitement désirer la même chose. En cela tout est perdu, par cet égoïsme de croire en le pouvoir de l'amour, par ce besoin de s'illusionner devant des situations qui n'existeront jamais, à se voiler tellement la face qu'elle en devient plus noir que les traits des cheveux. Et l'on continue, on suit ce chemin, sans même penser qu'il n'est qu'erroné, qu'il ne constitue pas une réalité plausible. L'idéalisme sauvera la monde en même temps que de le détruire à jamais. La juste mesure sera notre échappatoire, le jour où l'on finira par l'accepter vraiment.

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