« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Je suis en train de me forger ma propre opinion de la société, en train de trouver mes idées, de trouver une logique à ce que je suis, de trouver des valeurs et des avis dans d’autres idées, dans des solutions que d'autres ont esquissé. Mais cela m’entraine dans un cercle vicieux, étant en fait sensible à tout ce que j’apprends, trop sensible d’ailleurs. Je trouve un avis sur la nature humaine, je trouve des valeurs humaines, radicales. Tout devient de plus en plus clair. Le flou qui m’habitait, la naïveté qui me caractérisait s’est envolée en deux mois, deux mois où la vérité a su éclater devant mes yeux, comme une bulle de savon à peine solide. La vérité s’est brisée en moi comme un verre rempli de connaissances sur ce monde, toutes plus horribles les unes que les autres. Le sens de ma vie reste controversé, reste flou, et c’est surement une bonne chose. Pour arrêter ce cirque, pour arrêter d'angoisser, il me faudrait partir tout de suite, avant qu’il soit trop tard. Avant que je perde toute croyance en l’homme, tout espoir plausible encore à l’heure actuelle. Un changement radical est-il possible ? Je n’y crois déjà plus, et je n’en reste pas moins une fervente optimiste. Je ne veux même pas m’imaginer les sentiments qui circulent chez les hommes les plus pessimistes. Cela doit être pire que l’enfer, une boule d’angoisse qui explose à chaque instant, une envie de mourir à chaque seconde qui passe. Je partirai. Trouver des solutions n’est pas utiles. Je n’ai pas envie de me bouger pour cette bande de larves. Je ne me salirai pas les mains, plutôt mourir. Je suis une idéaliste, j’ai enfin trouvé la réponse à cette question, après tant de temps à m’interroger. Je ne serais pas actrice de ce monde. je ne serais qu’une spectatrice aux yeux fermés, faisant semblant d’entendre et d’écouter. C’est sans doute égoïste et ignoble, tout comme ce monde finalement. Mais à quoi bon se brûler les ailes, se brûler l’âme pour une espèce fondamentalement malhonnête et malsaine ? Je serai un mouton libre et indépendant. Le mouton noir.