« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Etre blanchie de tout, n’avoir rien à regretter, recommencer du début, parce qu’en fait, personne ne sait réellement qui est l’autre, parce que le passé est effacé, que les erreurs sont gommées, irrésistiblement attirées par la lumière, irrésistiblement aspirées par le trou noir du passé. Personne ne peut rien me reprocher, personne ne peut m’enfouir la tête dans le sol par de simples allusions, personne ne peut me brûler les ailes par des mots saillants et vicieux. Et c’est surtout cela qui semble me soulager. Je ne peux pas tomber sous leurs coups, puisque je suis pour l’instant irréprochable. Apprendre à te connaitre serait faire éclater en morceaux ce miroir parfait, faire tomber ce masque de mensonges. Et gâcher tous ces moments magiques où je me sens si bien, où je me sens vivre, par ce simple sourire qui me touche un peu trop. Ne cherche pas à t’approcher, c’est tellement bien comme c’est en ce moment, simple, beau, parfait. Rien n’entache ces moments, aucune erreur, aucune pensée futile et obscure ne pénètre nos esprits, puisqu’aucune n’existe. Et c’est tout aussi bien que rien ne paraisse compliqué, qu’aucune interrogation futile ne me traverse, qu’aucun doute ne puisse venir perturber ces quelques secondes où nos regards se croisent. Alors laisse-moi, si tu t’approches trop, je risque de prendre peur, tel l’oiseau voyageur qui ne peut rester poser sur la même branche trop longtemps. Il ne sert à rien de changer ce qui se passe en ce moment, ce n’est pas utile, ce serait le pire à faire. Parce que je suis sûre de te faire souffrir au final, parce que je suis incapable d’être stable.