« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Je ne comprends pas pourquoi je suis toujours triste. J'aimerais savoir pourquoi je réfléchis toujours trop. J'aimerais comprendre comment ce monde fonctionne, pourquoi rien ne va, et pourquoi tout le monde va mal sans le dire. Pourquoi il faut que ça se passe aussi mal alors que c'est si court. Pourquoi l'homme ne veut pas le bonheur de tous, et pourquoi on est obligé de vivre dans le doute et le stress pour pouvoir survivre. Pourquoi le coeur fait mal à force d'être serré, et pourquoi ça ne touche pas tout le monde de la même façon. Pourquoi je tremble d'horreur quand j'en veux au monde entier. Pourquoi la colère me noue le ventre et me crispe. Pourquoi j'ai l'impression que je ne serais jamais heureuse. Que le bonheur est inatteignable. Que jamais rien ne pourra me faire retrouver la prospérité d'avant, celle de l'insouciance de l'enfance et de l'adolescence. Que le malaise perdure quoiqu'il arrive. Que rien ni personne ne pourra changer ça. Je suis tellement émotionnellement instable que je ne sais plus distinguer la peur du doute, la tristesse de la colère. Parce que : "dans ma tête le noir a pris le pas sur toutes les couleurs." Plus je grandis, plus ça va mal, et plus je vous en veux, de m'avoir plongé la tête la première dans un tel monde. Que vous n'avez jamais rien fait pour m'aider à m'en sortir, à avancer. Alors, je continue d'avancer dans le noir, la tête la première, les yeux fermés, la peur au ventre, les lèvres crispées, les poings serrés, parce qu'il le faut.