« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
J’arrive pas à y croire, c’est simplement pas possible… Ce ne peut être vrai, ce ne peut être réel. Ca ne peut pas être la vérité, ça ne peut pas être la réalité. Je me sens vide, de toute sensation, de tout sentiment. Je crois rêver, je suis désormais dans une bulle susceptible d’éclater à tout instant, alors que j’étais dans une épaisse carapace, que je vois maintenant brisée en mille morceaux à mes pieds. Je ne réalise pas, je ne comprends pas que cela puisse être aussi simple, aussi absurde, aussi désorientant. Je ne veux pas me l’avouer, je ne veux pas m’avouer qu’il n’y a pas d’autres possibilités, d’autres issues à cette contrainte insensée. Je suis insensible à tout ce qui m’entoure, je suis sourde à toute proposition, à toute parole pleine de sens et de vérité, l’une de ces paroles qui font si mal quand tu les entends, celles qui te déchirent de l’intérieur, et au cours desquelles tu te bouches les oreilles intérieurement, en fermant ton cœur, tes yeux, ta capacité d’entendement, de toutes tes forces. Je ne peux envisager cette escapade. Ce silence tordant de douleur ne peut avoir une cause si simpliste, dis-moi juste que ce n’est pas possible. Il manque des morceaux au puzzle, je ne peux pas croire à une telle raison. Cela me retourne encore plus, cela me met à terre, à genoux devant l’adversité. Je m’effondre de douleur, comme transpercée par une épée de regrets et d’amertumes, par un fil invisible qui se tord en moi, par mille aiguilles de vérité qui me traversent une à une. La douleur est peu visible, elle m’empêche de parler, de me battre, d’essayer d’avoir raison, de m’affirmer, d’avancer. La morosité est telle que mon corps ne répond presque plus. Je pourrais me balancer doucement de droite à gauche, d’avant en arrière, les yeux dans le vide, pendant toute une journée, que je n’en aurai toujours pas marre, que je ne trouverai rien d’autre à faire, rien de plus agréable, rien de plus palpitant, rien de plus utile. C’est cela même, plus rien ne me plait, plus rien ne me fait envie. La vie n’a plus de goût, si ce n’est celui du dégoût et de l’amertume. Pourquoi tomber si bas pour une personne ? Je suis tombée dans le noir et la boue, dans un trou où la pluie tombe constamment, où les parois sont aussi lisses qu’un miroir, mais aussi peu le reflet de moi-même qu’un écran opaque. Il me faut pourtant éviter de sombrer, de me laisser ensevelir. La vérité est qu’il n’y a pas de vérités, si ce n’est celle que l’on se donne à soi-même. Même si cela reste un mensonge, je ne peux me résigner à me l’avouer. Et maintenant, c’en est fini de nous, ce nous qui n’avait pourtant encore jamais existé. Tu ne nous auras laissés aucune chance. Et je n’ai pas à en juger, c’est moi la seule fautive dans l’histoire. Alors autant pour moi.