« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Peut-être pas vingt ans dans la tête, plus proche de la trentaine, je comprends trop vite ou trop de travers. De nouvelles émotions dans les veines, à chaque déception nouvelle, à chaque rencontre étrange, déconcertante. Des sensations qui défilent et qu'on ne peut expliquer que par des conséquences corporelles. Un noeud nouveau dans la gorge, une incompréhension dans l'esprit, des changements qu'il faut laisser aller. C'est quoi tous ces gens sans jugeotes ? Sans coeur, si égoïstement lâches. Je ne reconnais plus personne, et plus aucun ne me connait vraiment. On est tous différent d'une année à l'autre, il est si facile de se juger. Mais je ne peux m'en empêcher, sans pouvoir fermer ma gueule jamais. C'est pas un défaut, j'irai loin comme ça, je suis pas hypocrite. J'ai pas de faux semblants. Et la peur de perdre tout le monde. Accrue par le choc émotionnelle de Petit Homme. Les comportements contradictoires se chevauchent dans ma tête, mon coeur ne me dicte plus que des stimulis incompréhensibles que je n'arrive plus à suivre. Entre la haine et l'amour, entre la blessure et la fleur, il n'y a qu'un pas. Parler parler, pour changer d'avis deux jours après. Girouette sentimentale, qui reflète mon esprit perdu, en manque d'air libre. Plus en construction et en interrogation, mon esprit devient action, et acte en parole, un peu tror violemment. Trop de conviction et de principe, pas assez d'analyse et de patience, contenance. La paix de l'âme devrait se refléter dans chaque mouvement, mais c'est plutôt le mental qui décide, en accord avec des valeurs spirituelles insatiables, et déséquilibrés. Tout sauf sobre et simple, tout sauf calme et tranquillité. Un ouragan, un enfant qui ne sait contrôler ces émotions, qui montre tout, qui n'a pas appris à mentir. Et TANT MIEUX! Bordel c'est pas une faiblesse, pas un défaut, c'est la justice et la tolérance qui s'échappent de chaque pore de ma peau. Rien de plus que la recherche de la bienveillance, et la haine de l'égo. Mais on ne peut gagner aucune bataille en s'affrontant dans les mots. On ne peut forcer à convaincre en vexant, en jouant leur jeu de domination, en voulant toujours avec raison. Mes deux personnalités ne cessent de se succéder, sans me débarasser de mes vieux démons issus de l'enfance. Un jour peut-être deviendrais-je sage, en réussissant l'union impossible entre pensée et coeur, entre égo et tout, entre moi et la vie.