« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Pourquoi tu me réponds, toi qui, depuis tant de temps, ne sais regarder que l'envers de ses chaussettes. Toi qui n'as de place que pour l'absolu désillusion. Et encore un fantasme arraché à la terre sacrificielle. Ou un désir trop luisant pour être étendu, puis piétiné. Un rêve, qui darde ses rayons incolores sur une terre asséchée. Pourquoi je lui parle, lui qui ne veut pas même envisager l'absolution. Qui ne veut pas répondre, et qui attend, éteint. Pourquoi je te parle, lumière parmi les vivants décharnés, nuisible à lui-même, absurdité des croyances personnifiées. Et pourquoi le flux de pensées ne s'arrête jamais, un seul instant de répit et c'est le vide qui entraîne la chute. Barbelés écorchés, écorcheurs de vérité. Impossible destin à réaliser. Relation platonique : plateau d'argent renversé sur la tête, et lancé comme un disque de cuivre. La stéréo ne s'éteindra jamais dans ce petit cœur vivifié par tant d'inconstances. Découverte d'un monde qui ne vaut pas la peine aux yeux de son propriétaire éphémère. Tomber dans l'oubli, avant de réapparaître comme le ferait un dieu parmi les hommes, Hercule, Héraclès, et la neige. Le haricot magique a poussé à l'envers, il forme une cavité souterraine muette, insonorisée, où tous les secrets peuvent se dissoudre, dans l'acide de l'insouciance. Le rêve dénonce le désir, incommunicable, qui se mue en secrètes pensées, déjà dispersées entre quatre feuilles de cigarette à rouler. Arrivée à la source, la fontaine du printemps, où l'on peut récupérer des cœurs, après avoir perdu tous les autres. Il ne reste plus qu'à se lancer de nouveau dans la bataille, où la seule fin destinée s'écrira d'elle-même sur l'écran fissuré : Game Over.