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« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »

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Et l'on voit un monde apparaître devant ses yeux fermés.

Arbre florissant, apprentissage de la vie, qui n'est qu'une esquisse dans notre cas, et un tableau divin pour les végétaux. Passer sa vie à chercher le soleil, et nous, nous restons enfermés bien trop souvent. Enfermés en soi, en son monde intérieur ignorant et inerte. Enfermés dans une maison aux murs trois fois trop petits pour une âme en quête d'un envol quelconque. S'envoler, s'énivrer, de n'importe quelle façon... Et l'hiver n'est même pas rude cette année, il lutte contre le soleil. Et les arbres, les grands arbres, aux branches immenses, qui n'aspirent qu'à la délivrance. Je mue, je me meus en une peau d'écorces craquelées, pour finir immobilisé dans la pierre, taillée à main nue. La terre, réconciliatrice, réparatrice, sensible à la moindre secousse, vivante, et si intéressée. Expérience de l'expertise d'une maladie inconnue mentalement, perceptible par un réchauffement progressif, et rieur. Soleil, mon bon soleil de midi, je t'embrasse pendant que tu m'embrases. Je t'enlace parce que j'ai froid ; à l'intérieur l'hiver est rude. Et puis je souffle, une buée de fausse fumée, les lèvres tendues, fissurées, rieuses. Le mélange déraisonnable entre liqueur et indépendance donne une tournure particulière à cette sensation de vide, remplie d'une vie joyeuse. Rictus de dégoût, froncement de sourcil, front tendu d'étonnement. On ne sait pas vraiment où on en est, le tout étant d'être, et toujours la pure démence puéril piquera la gorge. La respiration se coupe, sûrement parce qu'on aimerait la faire devenir bulle, nulle, arrêtée. Mais le son de l'horloge est toujours perceptible, et l'agacement grandit. La réaction est immédiate : rendre au monde des inutilisables ce qui n'est que pure fiction, démolir, détruire ce qui peut nuire au plaisir de ne pas se soucier d'un avenir. Et puis, de toute façon, ça n'existe pas, les projets, les buts, puisque tant que le souffle persiste, tout est dit. C'est ici que tout a commencé, dans le ventre d'une destinée douteuse.

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