« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Qu'est ce que j'en ai à faire que vous participiez à une conférence d'un mec qui se fait de l'argent sur notre dos ? Moi au moins j'serais pas en train de m'emmerder dans un amphi, assise sur une chaise pas confortable. Pendant ce temps-là, je me préparerai pour le basket, pour aller m'amuser, et profiter de ma vie. Et toi, tu goberas des trucs bidons qui servent à rien pour être heureux, qui vont te faire déprimer à l'idée qu'on se fout bien de nous. Et moi, j'serais à rire parce que j'ai fait une faute bidon, j'serais en train de me remettre en question sur la façon dont j'ai attaqué le panier, ou fait une passe, ou pris un tir. Nan, il ne m'en faut pas plus. Pourquoi se farcir la tête d'informations qui n'existent que pour soumettre un peu plus le monde, qui conduisent le monde à sa perte ? Je suis bien où je suis. Je suis bien entourée, bien détendue, en forme physique et mental, avec un avenir, certes flou, mais prometteur, et surtout heureux. Il ne faut pas se dire autre chose. Parce que le reste importe peu. Et tu as eu le cran de te le révéler, alors que l'ambition te dévorait. Nique sa mère le blizzard. Je crois que c'est ça qu'il te manquait aujourd'hui. De clarifier vraiment la situation vis-à-vis de ta nouvelle vie. T'as été trop vite dans la transition. Alors forcément, tu t'es retrouvée à ne pas comprendre ce changement, la tête à l'envers, cochon pendu à la balançoire, te tordant le coup pour remettre le paysage à l'endroit. Mais non, l'herbe restait décidément bien proche de ta tête. Tu as enfin compris, du moins en partie, qu'il fallait que tu tombes à la renverse, que tu touches le bout du bout, même si ça fait mal, pour enfin te mettre sur tes pieds, et enfin pouvoir regarder la maison dans le sens conventionnel. Je ne sais pas si tu es encore en chemin, ou si tu es enfin tombé dans l'herbe. Mais peu importe, le plus important c'est que j'ai la certitude que tu vas t'en sortir tôt ou tard, dans un futur proche. Oui, je me suis dédoublée dans certaines phrases, et alors ? puisqu'il faut bien deux personnes : celle qui ne sait pas, et l'autre qui tente de s'en sortir. Double facette de ma personnalité qui se croiseront pour se retrouver en une seule et même figure, la mienne, confiante et rassurée, sourire radieux illuminant le tout. Compréhensible, pas compréhensible. Bof.