« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
La vie m'échappe pour de bon, son sens n'ayant pourtant jamais existé. Les pensées étouffantes, les mots insuffisants, peu glorieux tout ça. « Vivez, ah ! Vivez donc, et qu'importe la suite ! N'ayez pas de remords. Vous n’êtes pas juge. » Le destin donne parfois un coup de pousse. La fatalité de toute chose ne vaut pas la peine de continuer dans toutes les voies envisagées, puisque aucune n'existe, puisqu'il n'en existe qu'une unique et véritable. Déterminisme de la condition humaine. Déception dans un coeur qui ne peut plus ressentir ni la tendresse, ni la compassion. Je suis fatiguée de toutes ces broutilles. Plus j'avance, moins j'apprend à relativiser, mais plus j'apprends à durcir mon coeur aux possibles voleurs. Cela suffit. Ne pas vivre, pour ne pas avoir à souffrir, faute de savoir relativiser. Tout continue de se passer trop vite pour moi. Soit je suis à la bourre, soit je suis déjà hors de portée. Cela dépend de notre perception du temps. Et il serait tellement plus simple d'oublier les relations humaines, pour que tout aille mieux. Ou bien rien n'ira jamais mieux. Puisque l'homme n'aime pas la solitude, mais qu'il aime les problèmes, la haine, et la rancoeur, alors la vie en communauté ne pourra jamais être une vie de paix. Le paradoxe de l'homm est là : c'est qu'il ne peut se passer de la meute, mais qu'il ne peut pas non plus se passer de faire souffrir les autres loups. C'est qu'il doit donc aimer la souffrance, pour ne pas avoir compris qu'il ne sera heureux qu'en exil.