« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Dans les méandres de sa pensée, l’être se perd souvent, se retrouve peu, se rencontre parfois. La substance pensante cherche sans cesse à se comprendre en tant que tel. Avoir la sensation d’oublier tout, en pensant à tout, en ne pensant à rien, en pensant le monde comme un tout. Penser le monde comme une vaste prison terrestre; s’enfermer volontairement dans une prison cérébrale, pour oublier la première. Voler tel le papillon qui se pose sur cette tulipe de mensonges, tandis que la coccinelle, sur ce coquelicot flamboyant, entraine le monde dans une torpeur sans fin, dans un état de contemplation sans pareil. Quant à la libellule, celle-ci approche le nénuphar d’un vol hésitant, sentant par cet instinct de survie révolté, avec ce mauvais pressentiment incompréhensible pour elle, que la perfide grenouille n’est pas loin. Partout et nulle part ailleurs, l’éphémère se perd dans le monde sans même avoir eu le temps de s’y repérer. Par manque de connaissance, par manque de pouvoir, et par simple manque de temps, il laisse son destin filer, pour se retrouver dans les ténèbres de l'infini, en plein jour, sans n’avoir pu apercevoir un seul instant, ni le noir de la nuit, ni le scintillement des étoiles, ni l’éclat envoutant de la lune, ni même le crépuscule tombant.
" Encore une nouvelle rentrée, encore peupler ce putain de lycée (ce putain d'iep), encore trainer les rues et les cafés, encore fumer ma clope à la récré, encore se taire ou bien se révolter, et saluer les frères apprivoisés. Encore attendre, encore apprendre, mais y'a rien à comprendre, mais y'a rien à comprendre, mais y'a rien à comprendre ... J'veux m'en aller, j'veux m'en aller, je veux pas crever, dans cette inhumanité. J'veux m'en aller, j'veux m'en aller, je veux pas crever, dans cette inhumanité. Encore mes frères qui meurent de l'autre côté, les fils de la lumière assassinés, et moi qui rêve juste de rêver... Je sais de quoi rêver encore, je sais de quoi rêver encore, je sais de quoi rêver encore, je sais de quoi rêver encore ... J'veux m'en aller, j'veux m'en aller, je veux pas crever, dans cette inhumanité. J'veux m'en aller, j'veux m'en aller, je veux pas crever, dans cette inhuma... inhumanité. Y'a plus d'étoiles dans le ciel, y'a plus d'étoiles dans le ciel, y'a plus d'étoiles dans le ciel, y'a plus d'étoiles dans le ciel, y'a plus d'étoiles dans le ciel ..."