« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Quand ça arrive, c'est même pas comme ressentir une chute dans un trou sans fin. C'est même pas comme si des pierres tombées sur une tête déjà trop abassourdie. C'est même pas une envie d'hurler ni de frapper sur tout ce qui bouge et reste immobile. C'est même pas croyable, c'est les jambes qui ne veulent pas y croire, une gorge nouée jusqu'à l'étranglement, des bras qui ne souhaitent que d'autres bras autour de sa taille, et qui finissent par s'y poser tout seul en balançant le dos d'avant en arrière comme un fou. Un ventre aussi écorché que le vomi qui ne peut pas sortir dans ce vide déjà croissant. C'est des cris de rage, de douleurs, des envies de meurtre étouffés, une colère qui sort contre la terre enti_re, une journée d'horreur qui s'achève dans un bain de sang. C'est pas une douleur physique, c'est l'impuissance au sens propre du terme, une telle déraison qui rend folle, une telle incompréhension qui pousse à la douleur, à la souffrance. Pourquoi pourquoi pourquoi ? Des interrogations qui resteront à jamais sans réponse, et qu'il faut finir par accepter. C'est quoi de ton côté ? Une douleur aussi insupportable que celle que tu me fais subir aujourd'hui ? Une telle impuissance que tu ne te sentes plus résister ? Un abandon total vers un monde auquel tu ne croyais pas, ou que je ne pensais pas te voir rejoindre de si tôt ? C'est quoi tes motivations ? T'as dit quelque chose à quelqu'un ? Pourquoi tu nous as laissé dans le doute pendant ces putain de 10 jours ? Que je croyais en ton saut dans la vie de baroudeur, je te croyais tellement plus fort, plus fou. Et finalement, il faut être fort et fou pour sauter le pas. Il faut avoir plus de couilles que pour partir sur les routes ? apparemment oui....