« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
C'est comme si j'venais d'être éclairée par une lumière éblouissante, bleutée, sortie d'un projecteur qui fait un bruit sourd en s'allumant. Mais la lumière réchauffe en même temps que de me glacer d'effroi. Le soleil, les herbes de partout, et toi au milieu qui te fond dans la clarté éteinte du jour qui se couche. Sortie d'un rêve, choc de voir la vie courir sur un fil, ne se sentir l'acteur que de ses propres indécisions. C'est assez incroyable d'avoir vécu ça avec toi, rien ne nous a jamais plus opposé, séparé que ce mur de béton glacé. Je me revois encore, impuissante face à la matière, toutes les solutions imaginables défilant à toute vitesse dans un cerveau déjà suffisamment encombré pour pouvoir y croire, ou même réagir. T'imagines si.. nan j'imagine pas, j'aurais pas pu te perdre comme ça, t'aurais pas pu faire ça, t'as tellement à vivre encore, plus de peur que de mal .. autant de mal qu'il en fallait pour trouver une raison positive à ces événements. Sincérité du soulagement ressenti à posteriori. Sentiment d'être seule mais jamais vraiment. Quelle courage, quelle audace, quel choc .. On n'a pas été prudentes sur ce coup, je ne pourrais même pas ressentir la joie de t'avoir retrouvé, tellement j'ai pas eu le temps de sentir que je te perdais. Tu n'avais rien, rien ou presque, une blessure ouverte pour tenter de comprendre ce que la vie nous annonçait à ce moment-là. J'veux te donner des ailes maintenant, ne plus t'écouter bêtement, apprendre à me faire confiance véritablement pour gérer instinctivement ce genre de situation. La pensée que ce mur nous sépare m'a traversée l'esprit de manière si naïve que je n'ai pas pu écouter ce que mon inconscient me criait en vérité. Vide, mon cerveau a été vidé, en même temps que tu te faisais happer juste à côté de moi. Comme si ton incompréhension avait été transmise en un clin d'oeil dans un courant d'énergie, de force inconsciente. Mais non, j'ai cru à une blague, qu'est-ce qui aurait pu t'arriver en vérité, c'était juste inimaginable. Aucun cri, tout à coup un silence étrange, inquiétant, mais pas assez pour mon esprit de collégienne... J'ai pas géré sur ce coup, qu'est-ce que j'aurais du faire, qu'est-ce que je voulais faire avant de passer ce mur, pourquoi j'ai rien fait, pourquoi j'ai simplement eu la pensée sereine de me dire que j'allais te retrouver en quelques pas... Parfois la réalité dépasse vraiment la fiction. C'est ce genre d'événements qui fait comme un électrochoc pour te rappeler que la vie est certes un jeu, mais qui s'avère parfois dangereux. Voire mortel.