« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
On n'aura jamais trop entendu parler de l'instabilité de la vie, sans nul doute lié à l'immuable flux temporel, notion qui, d'ailleurs, n'existe que dans notre tête. Quoi de plus naturel, que de dire, en effet, que ce n'est dû qu'au fait que la nature, le monde, l'univers entier nous dépassent. Si l'on entreprend un agrandissement intérieur de notre esprit, il est inévitable que l'on s'imagine comme un zoom de plus en plus s'éloignant de son centre, qui n'est autre que le cerveau lié à l'énergie que dégage les atomes qui nous lient. Ce n'est qu'une transformation chimique qui suit son cours, sans jamais pouvoir s'interrompre, puisque c'est le propre de l'univers entier. Et cela, c'est le calme intérieur qui peut le décrire. On ne peut se connaître véritablement qu'en effectuant cette démarche de recul infini, afin de mieux comprendre le pourquoi du comment, qui ne vient de nul part d'autre que de la totalité de ce qui nous entoure, en nous comptant avec. On forme un putain de tout avec l'univers, pourquoi ne pas simplement l'accepter? On fait partie de cette réaction folle qui parcourt le corps entier aussi bien que les atomes de ces bulles gazotées de matières inconnues chimiques et chimériques, et ça paraît tellement inimiaginable du point de vue humain qu'il suffit d'en faire abstraction. Mais c'est ça notre erreur, on ne peut parvenir à comprendre le monde entier, c'est impossible, alors pourquoi s'en faire ? Pourquoi se compliquer la vie, si déjà on ne connaît pas les véritables origines de notre constitution. Retour à la vie primitive, primaire, primate, alors plaisir, pissenlit et pistache colorée suivront. Je ne demande rien d'autre que d'endosser humblement le rôle qui nous a été octroyé des étoiles. Retour à la terre, à l'essentiel, au for intérieur autant qu'à la confiture de fraise. Je veux sentir mon âme revivre en même temps que mes mains plongées dans la terre. Je verrai alors à la fois ma résurrection personnelle et le frôlement du vent sur les feuilles de cette cime. On ne peut pas faire plus concret et réaliste, si ce n'est un repos total, sans frustration, ni désirs superflus. L'accomplissement personnel mené à son terme, grâce au silence venu du plus profond de cette obscurité révélatrice, et à l'absolu bien-être engendré.