« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Pourquoi j'étais si énervée hier. Hier, différent d'aujourd'hui, tant de différences à chaque instant. Et pourtant la situation n'a pas évolué depuis hier. Je n'ai pas fait grand chose de plus, depuis hier. On est samedi, l'imprimerie est fermée, mes lettres ne seront envoyées que lundi, c'est la vie. Recul. Pourquoi réagit-on si rapidement, pour si peu de choses en vérité. Cultiver la sagesse est un apprentissage de tous les jours. Je ne me sens pas différente d'hier, et pourtant je le suis. Je ne suis plus énervée. Pourquoi j'étais énervée, déjà. Parce que ça n'allait pas assez vite ? Et maintenant, ça ne va pas plus vite, mais je me suis résignée. Je n'ai pas accepté. Accepter, c'est le faire dès qu'on le peut, dans l'immédiateté des choses mal faîtes parvenues à leur terme. J'ai peur, il vient de là le problème, ou le non problème non solutionné. Questionnement absurde, inexistant en vérité. Et toujours le même débat, sans vie, sans sens, sans existence. Ressentir la vie, le mal de dos, et le souffle court qui se débat. Grandir, à chaque instant. Accepter, être touché par les compliments plus que par les reproches. C'est cela la clef. Quelle clef ? Aucune, aucune clef de la vie, non. Se contenter de distractions, et sourire. Toujours, ne pas oublier que le reflet de l'âme se tient sur le visage, en chaque instant. Pourquoi je souris autant ? Parce que je veux montrer aux gens mon affection pour eux, ce doit être l'une des rares choses qui n'a pas changé depuis mon enfance. Ma compassion, et mon amour débordant. D'où vient-il ? Je soupçonne une vie antérieure extrêmement riche, je n'ai pu avoir cette évolution seule. Je veux propager la paix autour de moi, sinon à quoi bon être sur terre, si ce n'est pour un but qui a du sens ? La seule chose utile en ce monde, c'est le sourire. N'oublie pas de sourire, surtout dans la glace, quand tu te regardes et que tu vois les cernes et l'usure du temps qui a fait son oeuvre. En chaque instant, n'oublie pas le plus important. Le sourire.