« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Il est quelque part un endroit où le soleil m'attend. Loin du monde matériel. Loin des routes bitumées et des bâtisses bétonnées. Loin du confort et des attractions quotidiennes. Si près d'une solitude qui pourrait pourtant m'être fatale. On ne peut compter que sur les convictions. Arrachant mes racines citadines, il me faut trouver la vérité ailleurs, dans cet endroit lointain et inconnu. Là bas sera toujours mieux qu'ici. C'est toujours mieux ailleurs. Cet ailleurs qui m'attire inexorablement, pas de doute. La réalité semble facile, lumineuse de clarté, d'une évidence mortelle. Puiser au fond de l'âme pour y sentir le souffle de la résistance. Rien ne me parait plus clair que cet objectif. D'une facilité déconcertante si le temps participe à ce projet. Humanisme de pacotille. Paradoxe de vie. Ambivalence qui ne pourra pas fonctionner ensemble longtemps. Chaque chose en son temps.. cette formule connotée qui marque les esprits n'est pourtant jamais loin de la vérité. Le jour où je serais patiente, je crois que je me serais rapprochée de manière définitive de la voix de la sagesse. La première vertu est très probablement le fait d'accepter de contempler passer les jours. Oublier tous les modèles de constructions sociétales dans lesquels on baigne depuis tout petit, ce n'est que le dessus de l'iceberg de la bataille - puisque je me bats, il semble, parait-il... Il suffit simplement de les vomir, d'un coup, avec la volonté de ne jamais y repenser. Voyage sans retour. Il semble que ce soit la bonne direction, puisque le vent du destin m'y pousse doucement sans rejeter mon corps de l'autre côté de la route. Pas d'effort, juste se laisser aller, pour l'instant. Mais... Nature, je t'aime.