« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Trop souvent la vie est consacrée à la recherche d'un équilibre social illusoire. La vie n'est que sensations, nuit calme, ivresse du mot, du corps, du goût et de l'ouï. Conscience que l'on est jamais la même personne, "Conscience cosmique, étoile éternelle, enfant de l'insomnie, enfant de Terre mer. Vérité enfouie, pas seulement derrière, sous elle la terre vit et n'appartient qu'à elle-même..." Quand tout est imaginé de la manière la plus compliquée qu'il soit, quand tout est pensé aussi simplement qu'un naufrage ; quand tout se résous logiquement, parce que tout se vit dans l'instant... Destinée, on n'aurait pas pu réagir autrement, comprendre plus vite, écrire mieux, penser plus juste. Tout se passe comme ça devait se passer. Refaire les souvenirs, refaçonner son image détruite, imparfaite, humaine. Se vouloir ange, ou démon, se voir sur terre pour le parfait, pour l'exhaustif et l'éternel. Se rêver tantôt génie intellectuel, tant génie de la lampe magique se prendre pour superman plus d'une fois, et voir soudainement tout espoir anéanti par ce fil qui renverse tout sur son passage. Le verre vide, la feuille de papier, la roche granitique. Ca ne se comprend pas, la vie, du berceau au bagne, de l'amer au subtil, du gouffre sans fond au ciel étoilé plongé dans les ténèbres. Ca ne se réinvente pas non plus, dans cet élan angoissé etpuéril qui caractérise mon humanité, mon existence molletonnée. La vie, ça se vit. Et cela, plus d'une fois se le répéter, pour peut-être enfin réussir à l'assimiler.