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« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »

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8 décembre 2013 : La colère s'engraine, la déception se fige, l'amertume se flingue.

Parlons-en, parlons-en, puisque ce ne sont pas des paroles en l'air. Parlons, et déblatérons sur ce futur incertain. C'est quoi au final mon point de vue ? Tu peux pas constamment osciller entre projets et voilage de face. Tu peux pas te dire un coup je sais que c'est pas du vent, et d'un autre côté t'acharner à ne pas vouloir ouvrir les yeux vers le futur, à rester la tête dans l'assiette. Un peu trop longtemps. Un peu trop souvent. Arrête de te rabaisser. C'est pas à ce point. Et tu le sais pertinemment. C'est pas la tête dans l'assiette, c'est le corps entier dans un futur où tu ne penses qu'à toi. Forcément, l'homme est égoïste, et la société du chacun pour soi, du plaisir personnel avant tout, nous a totalement retourné la tête. On ne sait plus vivre pour quelqu'un d'autre de nos jours, parce que l'on sait tous qu'il faut vivre pour soi. Et bien oui, il faut vivre pour son bonheur, c'est normal, je suis d'accord. Mais à quel point ? A quel prix ? Comment ? Et surtout, pourquoi ? Un choc des consciences, des réflexions contradictoires. Des contradictions de pensées. Bim, j'ai pas encore d'avis fixe sur la question. C'est pour ça que ça coince. Du recul. Recule ! Ridicule. C'est trop de réflexions, mon cerveau veut se déconnecter. Laissez-moi m'en aller. Je veux vivre pour moi. Et peut-être un peu pour toi aussi.

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L
je crois que je vais apprendre par chœur deux ou trois de vos dernières phrases: en cas d'égo un peu malmené je pourrais toujours me les déclamer et me faire du bien sans gêner quiconque.... J 'imagine ton vide plutôt flottant, à la frontière de l'oubli et de la nausée. ça t'irait bien - enfin je suppose; après tout je n'en sais rien. je sais juste que tu es une fille qui a soif de sens et c'est l'essentiel. quant à moi ce que tu appelles plaisir consiste à survivre au non-sens et à la fin de l'espoir. mais il serait sinistre ou ridicule que nous voyions les choses de la même façon. je sais également que tu es intelligente- qualité primordiale après savoir faire les crêpes et tenir l'alcool. d'ailleurs l'intelligence n'est pas une faculté innée ni un muscle à gonfler, ça serait plutôt le processus sublimant l'expérience en conscience, et cela grandit la compassion, cette forme très sensible de l'indifférence.<br /> attendre beaucoup de la vie mène à de terribles désillusions, certainement à de l'aigreur. mais il y a une lassitude qui s'installe et amortit peu à peu la souffrance, la chute. un sentiment à la fois de dureté et de douceur, de distance et de pardon réconcilie en nous l'abominable et le miracle. tu voudrais vaincre, mais comment pourrais tu vaincre ne serait-ce que mille ans, mille êtres, mille mètres - ne serait-ce que toi-même qui t'appartiens si peu au bout du compte ?<br /> y a t-il vraiment d'autre choix que celui de faire confiance, définitivement, en l'ultime déraison? faire confiance au point de s'abandonner aveuglément? y a t-il d'autre choix que l'innocence? et je sais que pour toi, tout autant que pour moi, l'innocence est verre pilé sous la plante de nos pas...
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F
Ce commentaire m'a un peu achevée, je l'ai lu plusieurs fois, sans oser en donner une réponse formulée et claire. Un mélange étonnant de joie et d'amertume. L'amertume m'a assommée ; ce renoncement qui semble une fatalité, une fin immuable m'a clouée au sol. Il me semble que la différence d'âge fait toute la différence entre notre ressenti existentiel. Je ne veux pas vaincre, je veux être utile dans ce monde en plein effondrement. Cette vérité est irrévocable. Le choix existe. Il y a le choix d'essayer de changer les choses, parce qu'il est encore possible de ralentir le processus, et dans un songe utopique de l'arrêter. Je ne veux pas croire en autre chose, sinon il ne me reste qu'à me suicider tout de suite, puisque pour moi, la vie ne possède que ce sens véritable. <br /> Après réflexion sur l'innocence... Je ne pense pas être innocente dans le sens naive, je dirais plutôt que l'on est faible et vulnérable. Je ne me considère pas non plus comme innocente dans le sens judiciaire, pour cela encore aurait-il fallu que je me pose la question préalable de savoir si je suis coupable de quelque chose. Si je suis innocente, ce serait du côté de la gentillesse, incapable de faire du mal, du moins très attentionnée... Ce qui me rend faible et vulnérable. Pcq on ne peut espérer vivre décemment sans vice aujourd'hui. Mais je relève le défi, pour moi, et mon futur.
L
les lilas fleurissent dans le 61. ça me fait bizarre chaque année. j'y associe la déchéance amoureuse. je te laisse l'adresse du nouveau blog. j'espère avoir l'honneur de votre visite prochainement, chère mélanie... porte-toi bien.
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F
Merci pour l'adresse, j'irais évidemment jeter un coup d'oeil régulièrement à ce petit monde intérieur ! Je n'ai pas eu vraiment le temps de réfléchir ces temps-ci, c'est pourquoi ma tête est vide de pensées, libre de se sentir vide. L'écriture va sûrement s'effacer peu à peu, s'estomper au fil de mon avancé, ou peut-être faire des bons par ci par là, histoire de ne pas être oubliée tout à fait. Pourquoi ? Parce que cela me demande peut-être trop d'effort sur moi, de voir que tout ce qui est écrit ne sera jamais à la hauteur de ce que je désire au fond... Bref.<br /> En attendant, vous êtes et resterez un mystère de plume pour mon moi vagabond. J'aime cette façon que vous avez de tout dire en ne disant rien, d'être implicite juste pour le plaisir des mots, ou d'écrire en toute simplicité sans chercher à vous faire comprendre. Les mots pour les mots. Et le plaisir avant tout. C'est ce que je retiendrais de plus prégnant chez vous. Et merci pour cette liberté que vous m'apportez. Vous lire, c'est un peu comme survoler la mer sans vraiment prêter attention aux vagues et aux scintillements présents à la surface de l'eau, mais simplement voir la couleur bleue, les yeux un peu dans le vague. <br /> Bonne continuation, je viendrais vous lire avec plaisir !
L
aller quelque part. le chemin devant soi.on le prend sans savoir où il mène. on préfère ne pas le savoir d'ailleurs : aller nous suffira. on va toujours quelque part en plein nulle-part. juste pour fuir l'enclos, le définitif. comme on dit tenter la chance. qu'est-ce que ça peut faire si c'est le hasard ou la nécessité qui nous conduit - on appelle destin leur concordance. on glisse sur des concordances de temps... en chemin on chemine. on regarde le paysage.on cueille des jonquilles, on fout un coup de pied dans une crotte de bique. un petit signe de la tête à ceux quand on en croise dont on devine la mort au fond des yeux. peut-être même qu'on se met à penser. peut-être même qu'on se met à rêver : ailleurs sera toujours le mot magique, le sésame grillé de nos cartes postales, intimes et banales, l'espoir chancelant sous de bancales latitudes...<br /> on pourrait parler comme ça jusqu'à la fin des temps, tout dire. mais ce n'est pas ce qui est dit qui a de l'importance, c'est le fait que quelque chose soit dit, que quelque chose soit entendu, et qu'un fil en boucles brode du rêve sur la pupille de notre néant...
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L
ça me fait bizarre de ne plus vous lire. vous vous effacez progressivement; votre présence s'absente. c'est comme si je venais sur le pont d'un navire abandonné, de quelque vaisseau-fantôme ne servant plus que de dérisoire boite aux lettres. quelque chose sombre dans l'oubli. ou bien comme si je venais fleurir une tombe. pourquoi pas après tout : peut-être y a t-il quelque chose de noble à poser un acte de mémoire là-même où règne l'oubli, de la couleur sur la décomposition des yeux...<br /> je ne me suis jamais arrêté à amiens, même si j'ai grandi en picardie jusqu'à mes huit ans. j'ai été mis dès ma naissance en ce que nous appellerions maintenant une &quot;famille d'accueil&quot;. on disait alors &quot;en nourrice&quot;. à liancourt, dans l'oise. mon plus ancien souvenir (c'est comme la naissance à soi) remonte à l'âge de quatre ans. la première fois que je voyais la mer. à berck, juste au-dessus de la baie de somme. c'est là que parait-il j'ai prononcé mes premiers mots. j'en garde l'image d'un bonheur absolu, même si les souvenirs en sont tous noirs : les blessures aux plantes des pieds en marchant sur les tessons de bouteille ou les chardons dans les dunes. un énorme crabe qu'on met devant mon visage après m'avoir ensablé jusqu'au cou. la petite cousine qu'on emmène à l'hopital parce qu'elle a pris la bouteille d'eau de javel pour de la limonade. une noyade dont une main venue d'en-haut me tire in extremis. et puis le premier émoi amoureux, et toutes les mystifications qu'engendre ce genre d'évènement. tout a commencé là, à la mer - la mémoire la parole, la mort l'amour. à berck!<br /> et puis tout sera vrai. plus vrai encore que le réel. il suffit de laisser s'ouvrir les voix, s'éveiller les oreilles qui leur ressemblent tant...
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F
La lâcheté insupportable me quitte. Peu à peu. Pour un instant, alors pourquoi pas en profiter ...<br /> Rien ne s'efface, le bateau n'a pas coulé, il est en arrêt. C'était des temps figés de ma vie qui défilaient devant vos yeux depuis tout ce temps. Il ne faut pas les prendre pour autre chose, ni les envisager autrement - ou peut-être comme une évolution progressive et maladroite vers un sens existentiel incertain. Mais quoiqu'il en soit, ce n'est pas moi, c'est l'avant, le passé, qui tente de ne pas être oublié...<br /> Je connais bien Berck, j'y passais une partie de mes vacances avec mes parents, puis avec mes amis, et maintenant moins souvent. J'y retournerai peut-être cet été, prendre l'air, savourer... <br /> Tant de souvenirs lointains d'une époque où - paraît-il - la vie a le goût d'un bonbon à la framboise ; mais les enfants sont cruels, ce sont de vrais monstres. Souvenirs à enterrer selon moi, à effacer pour renaître. J'ai renié toute mon enfance, enfin, c'est ce dont je tente de me convaincre en me pavanant fièrement. Mes amis vous diront que je ne fais que m'expliquer, me confier, me comprendre ... Ou c'est ce que je crois qu'ils croient ... du moins, rien de certain, hormis la confiance. La confiance en ce qu'ils sont porte l'amitié au-delà de toute explication. Enfin bref, je digresse, ou pourrais-je me permettre de dire que je divague.. Vague.<br /> Et la boucle de la mer se clôt, comme une vague amère qui s'abat.
L
pas le temps.pas le temps de s'asseoir pour dormir. pas le temps de gober les mouches en plein vol, sommeil levant. comme une souche vide. non, comme une bouche vide. j'appelle; j'appelle;ma voix se tend. à l'origine de la voix l'appel, avant même qu'elle ne s'organise en sons distincts, en chants de bête ou en langage articulé. l'appel à l'autre l'appel à l'aide. l'appel à l'être. puis le silence de l'attente. le silence debout. l'écho qui court sur les lignes côtières, en équilibre instable sur un littoral intérieur. pas le temps non, pas le temps d'un instant. pas le temps de poser sur la table une main engluée dans son propre poids, dans ses propres doigts, sa propre chair. serais-je donc une nature morte? sinuer d'une encre noire ne débouche pas encore sur la mer. la mer, elle, tourne le dos aux enfants qui gribouillent où elle s'échoue. la mer échoue. je passe mon chemin; je passe le temps; je cède la place. dans un ultime recours à la vague. suis-je donc une nature morte?
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