« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
J'ai pas encore eu de réelles réactions suite à ce départ presque inimaginable. Un mois déjà. Et quelle émancipation intellectuelle, tant de progressions morales. Un miracle. Bilou peut-être.. Tant de suppositions, de réflexions, d'affections, de soins, d'attentions. Irréellement réaliste. Et quand l'échéance doit arriver, quand le départ inéluctable doit avoir lieu, la vérité est plus réellement irréelle que réaliste. Puis, au final, le mur, on ne se le prend pas soudainement. La douleur s'immisce surtout petit à petit, comme un poison lent affluant dans le sang. Le manque est un empoisonnement. On ne le sent, on ne le ressent que progressivement, vicieusement. Ta présence est une drogue douce. Poison infectant le cœur, le corps, la conscience, d'un coup affreusement bas. On ne se rend compte de la valeur d'une personne qu'une fois l'avoir perdue. Tu es bien loin pour moi. Trop loin. C'est dur de se prendre le mur, au ralenti. Dur de regarder passer les étapes une à une, de les voir avancer tous les jours un peu plus, de remarquer la progression de souffrance. Nan, ce n'est bientôt plus qu'un rêve, réveillé, relevé, raillé. Disque dur en panne. Mémoire à court terme rompue. Le temps ne m'aura pas. Rien n'est perdu d'avance, tout est gagné en son heure. Aucune phrase sentencieuse, c'est toi que je veux, tout toi, et rien que toi. Parce que l'on sait. Et savoir, c'est vivre. C'est trouvé un autre soi. Le fantôme qui me sauvera.