« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Je suis en train de couler toute seule, je suis en train de me faire couler, je me noie dans la morosité, dans l'encre sèche de ma lassitude. J'ai même pas envie de me lever. Je suis prostrée, avachie sur mon lit, à genoux devant le vide de mon existence Je me laisse vivre, dépérir. Pessimiste m'a achevée. La solitude, le manque, le doute, les pulsions, l'angoisse, mon cerveau ne supporte plus. Mon esprit n'a jamais su comment supporter, comment soulever tous ces sentiments négatifs pour en faire quelque chose de grandiose. Je ne saurais jamais comment soulever cette montagne de frustration, la renverser, et la détruire une fois pour toute. Alors je me laisse couler, à pic. Même pas terroriser, juste tellement blasée que mes membres restent paralysés par le manque d'objectifs. J'ai plus de volonté, parce que pour avoir de la volonté, encore faut-il trouver un but pour lequel cela vaut la peine de se battre. Je déteste l'homme, je déteste la société, je me déteste. Y'a plus rien à faire ici, y'a jamais rien eu à faire ici, vu comment ils nous présentent tout ça. Ne regarde pas en face ce qui t'attend, tu mourrais d'effroi sur place, foudroyé par l'absurdité de la société.