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« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »

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11 avril 2013 : Les mots pour guérir les maux.

Courage, cours, rage, âge. Avoir du courage : ressentir la rage montée du plus profond de soi, et courir le plus loin possible pour évacuer, pour se sentir grandir. Courir : rire à s'en tordre le cou. Grandir : dire que l'on est grand. Évacuer : avoir besoin de vacances. Dans larme, il y a arme. Les larmes, la seule arme qu'il nous reste, la seule qui n'a jamais existé, avec les mots. Sors ton fusil, écris ta phrase. Du pareil au même. L'écriture n'est rien d'autre que la formulation d'un cri. Un cri pour nous permettre de gagner la guerre. Avant cela, les batailles nous font souffrir, au point de crier notre rage.

Jouer avec les mots, avec leur sens, les sentir dans toute leur intensité. Mais ressentir tellement plus fortement la peur d'échouer. Vouloir la phrase parfaite du premier coup. Vouloir la perfection sans le travail. Non. Etre malade à l'idée de n'être pas à la hauteur, de n'être bonne qu'à écrire des plaintes lourdes et répulsives. Se persuader du contraire en se contentant d'un texte inachevé. Toujours. Ne pas réussir à se relire, laisser les phrases insuffisamment claires comme telles, parce qu'à chaque fois que la force me prend, comprendre qu'il reste du chemin à parcourir, que la pierre doit être polie avant d'être magnifique. Mais toujours, ce dégoût pour le changement, ce noeud dans la gorge en voyant l'insuffisance de mes propos, en voyant la pauvreté de mon vocabulaire, la pauvreté de la profondeur du texte, les idées peu claires et la forme peu travaillée, par peur. Mais quelle peur ? Celle de l'échec, celle qui me rit au nez pour mieux étouffer le peu de confiance qu'il me reste. Pour ne pas être déçue de soi-même, pour que personne ne me dise qu'il n'aime pas, je choisis de ne pas aller au bout des choses, je choisis l'excuse du "il est pas encore fini", plutôt que d'accepter les remarques qui pourraient me faire avancer. Idiote...

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