« La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine. Les hommes libres donnent à ce but bien des noms différents, et s’interrogent inlassablement sur sa définition : mais pour nous la question est plus simple. »
Tellement instable en ce moment que recommencer une histoire serait voué à l’échec. Trop secrète, trop pessimiste, trop tout ce qui ne me correspond en réalité pas. Le monde réussit à détruire même les plus optimistes. Le monde réussit l’impossible : détruire jusqu’à la vérité. Cela devrait être la seule raison de mon éloignement, ni plus ni moins. Je ne suis pas timide, j’ai peur de mal faire, de finir mal, de finir encore plus mal que je ne le suis en ce moment. Me rajouter un problème en plus ? Pour quoi faire ? Je suis dans une période qui m’interdit la relation, par le simple fait que je m’indigne. Mon futur est tellement flou que je pourrais me précipiter pour le reste, et tout gâcher. Il ne le faut pas, à tout prix. Il est nécessaire que je continue de réfléchir, à tout, tout le temps, pour éviter le drame. Ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas, ce que les gens pourraient comprendre de moi, ce que je suis. Je ne le sais moi-même plus. Je me suis perdue dans la vérité. Je me suis enlisée dans ce monde boueux. Crise existentielle. Je ne sais pas si ce serait le terme adéquat, mais je trouve que cela sonne plutôt bien. Aucune autre expression ne pourrait me venir de moi-même pour expliciter le flot intérieur de pensées négatives qui me parcourt à chaque instant. Refermer la fenêtre de lumière, la refermer ou l’ouvrir en grand, en fermant les yeux déjà humidifiés par la pluie qui tombe au dehors en un flot continu. Pour le moment entrebâillée, elle ne m’aide pas à me décider. Aucune bourrasque de vent ne vient la claquer, aucune autre ne vient briser les carreaux opaques qui la constituent. Je tremble d’énervement, de douleur, de mépris, d’agonie. Plus aucun moment de répits ne s’offre à moi, et je n’en demande aucun, de peur de les gâcher, tous les uns après les autres. Tu ne mérites pas d’entrer dans mon monde si froid et austère. Je ne peux te faire vivre ce désastre. Voila à quoi il faudrait que je pense, en chaque instant, à chaque seconde. Je ne devrais plus te regarder, jamais. Et pourtant … Optimiste a disparu, je n’arrive plus à prendre conscience de ma chance. « Cynisme a engourdi les cœurs, chassé la compassion, rendu égoïste. Voici l’homme et son poison. Il a profané la Terre, créant la misère du monde, en laissant les plus faibles par terre. Cynisme a l’odeur d’une tombe, alors éloigne-toi de lui, ne le nourris pas en toi, il est l’antithèse de la vie, chasse la lumière qu’on a en soi. Alors éloigne-toi de lui, ne le nourris pas en toi, il est l’antithèse de la vie, chasse la lumière… » Cynisme vous a tué ? Il ne le faut surtout pas.